Étiquettes

,

Des trois monts qui dominent le Beaujolais, le Tourvéon est celui qui est le moins élevé (949 m), mais c’est lui qui occupe la première place dans l’imaginaire régional. Occupé de manière permanente avant même le début de la période médiévale, la légende qui prend place dans le prolongement de la période carolingienne y situe en effet la forteresse de Ganelon, le traître et félon paladin de la Chanson de Roland (chanson de geste écrite à la fin du XI° siècle). Cette légende était encore très vivace au XVI° siècle comme le rapporte Nicolay, géographe du roi Charles IX, qui fit une enquête dans la région en 1573.

Les caractéristiques géographiques du site, qui domine toute la haute vallée d’Azergues, en font une place d’un intérêt stratégique évident. La présence à son sommet d’une construction à vocation militaire n’est donc pas une surprise. Malheureusement le caractère particulier des chroniques du haut-Moyen-Age, qui mêlent allègrement évènements historiques, légendes locales et morale religieuse, fait qu’il est difficile d’établir une trame historique incontestable. Il faut donc reconnaître que nous ne savons à peu près rien de cette forteresse ; bien qu’une origine gallo-romaine soit probable. Malheureusement le site n’a jamais fait l’objet d’une véritable campagne de fouilles archéologiques.

Repaire de seigneurs brigands ou de pillards sarrasins selon les sources, cette première place forte fut rasée au cours du IX° siècle sur l’ordre d’une autorité inconnue et dans des conditions qui nous échappent. La date même de sa destruction est inconnue car si la légende la situe au début du IX° siècle, sous le règne de Louis le Pieux, la mention d’un Pagus Tolvedonensis (cartulaire de l’église St-Vincent de Mâcon) durant la période 879-884 pourrait laisser supposer que le site était encore occupé et qu’il était alors le chef lieu d’une circonscription administrative du royaume carolingien de Francie occidentale.

 

ruines visibles au sommet du mont Tourvéon

ruines visibles au sommet du mont Tourvéon

 Sur cette photo, le mauvais état des ruines envahies par la végétation apparaît clairement. Prise depuis le côté sud, elle montre les soubassements et les restes de l’étage inférieur d’un bâtiment de forme quadrangulaire sous lequel se trouvait ce qui semble être une citerne. Celle-ci était couverte par une voûte dont la naissance est encore visible sur le mur de gauche. Le tas de gravats qui se trouve presque au centre de la photo résulte de l’éboulement du mur sud du bâtiment.

 

 

 

Publicités